Comptabilité

Le plan comptable du marchand de biens

Un marchand de biens applique le plan comptable général, mais avec des réflexes propres au métier : tout passe par les stocks, rien par les immobilisations, et chaque opération doit pouvoir être isolée à tout moment.

Mis à jour le 4 min de lecture Rédigé par le cabinet MRP, experts-comptables à Bordeaux

La logique générale

Le plan comptable général s'applique sans adaptation réglementaire particulière. Ce qui change, c'est l'usage : là où une entreprise commerciale classique a un stock qui tourne vite et des immobilisations lourdes, le marchand de biens a l'inverse. Son actif est presque entièrement constitué de stocks à forte valeur unitaire, détenus plusieurs mois voire plusieurs années.

Les comptes de stocks et d'en-cours

UsageNature du compte
Immeubles achetés destinés à la reventeStocks de marchandises
Travaux engagés sur un bien non terminéEn-cours de production de biens
Variation des stocks de marchandisesCompte de variation de stocks
Dépréciation d'un bien en stockDépréciation des stocks

Le point de vigilance : ne jamais loger un bien destiné à la revente dans un compte d'immobilisation, même s'il est loué temporairement pendant le portage.

Les comptes d'achats et de charges

UsageNature du compteIncorporable au coût de revient
Prix d'achat du bienAchats de marchandisesOui
Droits d'enregistrement et taxe de publicité foncièreAchats ou impôts et taxes selon l'option retenueOui, si option d'incorporation
Émoluments du notaire et déboursHonoraires ou achats selon l'optionOui, si option d'incorporation
Travaux d'entreprisesAchats ou services extérieursOui
Honoraires d'architecte, diagnostics, géomètreHonorairesOui, si directement attribuables
Commission d'agence à l'achatHonorairesOui, si à votre charge
Intérêts d'emprunt affectéCharges financièresSous conditions
Assurances de l'opérationPrimes d'assuranceOui, si directement attribuables
Taxe foncière pendant le portageImpôts et taxesNon, en principe

L'option d'incorporation des frais d'acquisition doit être appliquée de façon constante d'un exercice à l'autre, et documentée.

Les comptes de TVA

Le suivi de la TVA est l'endroit où une comptabilité de marchand de biens se distingue le plus :

  • TVA déductible sur travaux, honoraires et frais : un compte dédié facilite le contrôle du rapprochement avec les déclarations.
  • TVA collectée : il est vivement conseillé d'ouvrir deux sous-comptes, l'un pour les opérations relevant de la marge, l'autre pour celles relevant du prix total. Cela évite l'erreur classique de base déclarée sur la CA3.
  • TVA sur encaissements ou sur débits : le fait générateur des livraisons d'immeubles suit ses propres règles, à caler avec votre expert-comptable.

Les comptes de produits

Les ventes d'immeubles s'enregistrent en ventes de marchandises, avec, là encore, une distinction utile entre les opérations soumises à la marge, celles soumises au prix total et celles exonérées.

La codification analytique : le cœur du système

C'est ce qui permet de répondre en trente secondes à la question « combien me rapporte le bien de la rue X ». Notre méthode :

  1. Un code par opération, construit sur l'année et un numéro d'ordre, par exemple 26-03 pour la troisième opération de 2026.
  2. Un libellé stable rappelant la commune et la rue, utilisé dans tous les libellés d'écritures.
  3. Toutes les écritures portent ce code : achat, travaux, honoraires, frais financiers, vente.
  4. Un état de marge par code, édité à chaque situation, comparé au prévisionnel de l'opération.

Ce que le plan comptable seul ne fait pas

Un plan de comptes bien conçu ne suffit pas : il faut y adosser un suivi extra-comptable des échéances, notamment les dates limites de revente liées aux engagements pris dans les actes. C'est une donnée juridique qui n'a pas de compte dédié, mais qui engage un passif potentiel.

Questions fréquentes

Cet article présente les règles en vigueur à la date de mise à jour indiquée. Il a une vocation informative et ne constitue ni un conseil personnalisé ni un engagement du cabinet. Chaque opération doit faire l'objet d'une analyse au cas par cas.

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