Statut et société

SCI et marchand de biens : pourquoi il faut séparer les deux

La SCI est faite pour détenir et gérer un patrimoine, pas pour le revendre. Utiliser une SCI pour de l'achat-revente habituel expose à une requalification en activité commerciale, avec un changement de régime fiscal à effet rétroactif.

Mis à jour le 3 min de lecture Rédigé par le cabinet MRP, experts-comptables à Bordeaux

Ce que la SCI sait faire, et ce qu'elle ne sait pas faire

UsageSCISociété commerciale de marchand de biens
Détenir un bien loué sur le long termeAdaptéInadapté
Transmettre progressivement un patrimoineAdaptéMoins souple
Acheter pour revendre de manière habituelleInadaptéAdapté
Réaliser des travaux importants pour revendreInadaptéAdapté
Bénéficier de l'engagement de revendreNon, sauf à être assujettiOui

Le risque de requalification

Le critère n'est pas la forme de la société mais la réalité de l'activité : l'intention de revendre au moment de l'achat, et le caractère habituel des opérations. Une SCI qui réalise une opération d'achat-revente isolée, sans travaux, n'est pas dans la même situation qu'une SCI qui enchaîne trois opérations en deux ans.

Les conséquences d'une requalification sont de trois ordres :

  1. Fiscal : l'activité commerciale entraîne l'assujettissement à l'impôt sur les sociétés, avec taxation du résultat et des plus-values selon des règles très différentes de celles des particuliers.
  2. Rétroactif : la requalification peut porter sur les exercices non prescrits, et donc remettre en cause des opérations déjà closes.
  3. De contamination : lorsque la SCI détient aussi des biens patrimoniaux, ceux-ci se retrouvent dans une structure devenue commerciale.

La bonne organisation

L'organisation que nous recommandons repose sur une séparation nette :

  • Une société commerciale (SAS, SARL, EURL) pour l'activité de marchand de biens, avec un objet social explicite et l'accès à l'engagement de revendre ;
  • Une ou plusieurs SCI pour le patrimoine conservé et loué durablement ;
  • Éventuellement une holding au-dessus, pour organiser les flux et les participations. Voir notre guide Holding et marchand de biens.

Cette séparation a un autre mérite : elle rassure les banques, qui lisent immédiatement où est le risque et où est le patrimoine.

Le cas du bien conservé en fin d'opération

Il arrive qu'un lot ne se vende pas et que l'opérateur décide de le conserver en location. Ce changement de destination n'est pas neutre : il modifie la qualification comptable du bien, peut remettre en cause le bénéfice de l'engagement de revendre et emporte des conséquences en matière de TVA. Il se prépare, il ne se subit pas.

Questions fréquentes

Cet article présente les règles en vigueur à la date de mise à jour indiquée. Il a une vocation informative et ne constitue ni un conseil personnalisé ni un engagement du cabinet. Chaque opération doit faire l'objet d'une analyse au cas par cas.

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